• Témoignages et Opinions

    Photo de Blogue de <a class=

  • Tôt ou tard, avec le temps…

    robertjasmin@videotron.ca

     

    COURRIER DE PORTNEUF

    MERCREDI 11 MARS 2020

    BILLET DE ROBERT JASMIN

     

     

    LES MYTHES ET LA RÉALITÉ 

    2. Savoir apprécier les mythes

     

    On a vu la semaine dernière à quel point le fait de présenter
    certains mythes anciens comme la réalité peut créer des
    torts parfois irréparables aux enfants d’aujourd’hui. Doit-
    on pour autant occulter ces mythes et les vouer à l’oubli?
    Ce serait là un appauvrissement culturel dommageable.
    De tout temps, les humains ont eu recours aux grands
    récits pour mieux explorer la nature humaine et répondre
    à certaines questions qui les hantaient.


    Le récit de la création est un bon exemple. D’abord par
    transmission verbale puis par l’écriture, des hommes
    talentueux ont construit un récit auquel on a conféré un
    caractère sacré. Pendant des siècles (et, pour certains,
    encore aujourd’hui), on a cru que tout s’est réalisé en sept
    jours. On avait imaginé la création en lui donnant une
    échelle de temps humaine de manière à ce que cette
    représentation soit accessible à tous.


    L’avancement des sciences a fait en sorte que des
    connaissances ont pris la place des croyances. Des
    scientifiques se sont penchés sur les mythes des différentes
    civilisations pour découvrir que les mêmes mythes avaient
    fleuri dans des civilisations éloignées les unes des autres
    dans le temps et dans l’espace. Le grand spécialiste en la
    matière, Joseph Campbell, a ainsi pu constater qu’il y avait
    des similitudes dans le récit des vies de héros tels que
    Osiris, un dieu égyptien, Prométhée, un titan de la
    mythologie grecque, Moïse, Bouddha, et Jésus.


    Presque partout on trouve, dans différentes civilisations, le
    mythe d’une vierge donnant naissance à un héros qui vit,
    meurt et ressuscite, notamment en Inde, en Chine et au
    Yucatan précolombien. Freud s’est inspiré d’un récit de la
    mythologie grecque pour élaborer et nommer le complexe
    d’Oedipe et en faire une approche universelle du
    développement de l’enfant.


    Le problème ne réside donc pas dans l’existence de ces
    mythes-récits de toutes sortes, mais bien dans le fait de les
    confondre avec la réalité. Découvrir qu’une croyance est
    non fondée parce qu’incompatible avec la réalité ne devrait
    pas nous décevoir, car c’est un des chemins qui nous
    conduit à la connaissance. Cela ne nous empêche
    nullement de savoir reconnaître aux mythes leur beauté et
    la source d’oeuvres d’art qui les racontent en peinture, en
    sculpture, en musique et en littérature. On peut aussi y
    trouver des enseignements sur la pensée des humains
    d’antan et parfaire ainsi notre connaissance de la grande
    aventure de l’humanité.


    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Tôt ou tard, avec le temps…

     

    COURRIER DE PORTNEUF MERCREDI LE 4 MARS 2020

    BILLET DE ROBERT JASMIN

     

    Les mythes et la réalité

     

    robertjasmin@videotron.ca

    1. L’aveuglement volontaire

    Captifs de leur communauté juive orthodoxe de Boisbriand

    depuis leur naissance, Yochonon Lowen et Clara Wasserstein

    se sont enfuis et ont trouvé refuge dans la société civile

    québécoise.

     

    Vous connaissez sûrement leur histoire: éduqués (si l’on

    peut dire) dans une communauté recluse, ce couple a

    décidé d’explorer le monde réel dont ils ne savaient rien. Ils

    avaient grandi avec comme seule instruction celle des livres

    dits sacrés. Ne sachant ni le français ni l’anglais, ils se sont

    retrouvés à Montréal comme dans la jungle, sans même

    connaître l’existence du fleuve Saint-Laurent.

     

    Ces deux jeunes adultes ont raconté leur histoire devant le

    tribunal dans une cause où ils poursuivent le gouvernement

    du Québec qui, selon eux, ne leur a pas garanti une

    éducation digne de ce nom comme le prescrit dans la loi

    québécoise.

     

    Cette poursuite a été intentée en 2014 et elle est

    présentement entendue devant les tribunaux. On peut

    toutefois dire que ces deux réfugiés de l’obscurantisme ont

    déjà gagné leur bataille puisque le ministre de l’Éducation a

    resserré le règlement qui avait été dilué gravement par le

    précédent gouvernement. L’éducation hors-norme sera

    dorénavant sous haute et permanente surveillance et les

    élèves soumis aux examens du ministère.

     

    Que nous apprend ce triste événement sinon que l’impact

    des croyances en des mythes anciens est encore très présent

    même dans nos sociétés développées. Les mythes sont des

    récits élaborés au sein de toutes les civilisations, tant dans

    celles dont la nôtre descend que dans celles qui se sont

    développées ailleurs, comme en Inde ou en Chine.

     

     

    Les êtres humains ont eu recours aux mythes pour trouver

    des réponses aux grandes questions existentielles qui se

    posent sur la vie, la mort, les origines de la vie, etc. Pour

    assurer à ce récit une force et une pérennité, on a dit de ces

    textes qu’ils étaient révélés par un dieu quelconque. Ils sont

    parvenus jusqu’à nous dans des livres qu’on a présentés

    comme étant sacrés. Les religions en ont assuré l’organisation

    et la transmission.

     

     

    Mais tout au long des siècles, les connaissances acquises

    par la science ont donné d’autres réponses à quelques

    grandes questions de l’humanité. Certains ont néanmoins

    continué à nier la réalité des faits scientifiques et à s’engager

    dans la voie d’un aveuglement volontaire. Avec les

    dommages qui découlent de celui-ci comme nous le prouve

    le triste cas des enfants de Boisbriand.

     

    La semaine prochaine : Comment apprécier les mythes

     

    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier.

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Tôt ou tard, avec le temps…

    COURRIER DE PORTNEUF

    MERCREDI 12 FÉVRIER 2020

     

    BILLET DE ROBERT JASMIN

     

    robertjasmin.videotron.ca

     

    Quand les hypocrites s’indignent

    Vous avez sûrement vu ou entendu parler de la spectaculaire

    prestation de Shakira et de Jennifer Lopez lors du spectacle

    d’intermède du Super Bowl. Or, le tour de chant et de danse

    de ces artistes latino-américaines a profondément affecté

    l’humeur de deux leaders évangélistes américains et pas les

    moindres : Franklin Graham, qui dirige la très puissante Billy

    Graham Evangelistic Association, et Dave Daubenmire, un

    pasteur et activiste chrétien qui anime une émission de

    radio.

     

    Dave Daubenmire, un fidèle de Trump, poursuit la NFL pour

    la coquette somme de 867 millions de dollars. La raison

    invoquée est la suivante : en autorisant et en produisant le

    spectacle le Shakira et de Lopez, la NFL risque de l’empêcher

    «d’atteindre le royaume des cieux en mettant en danger son

    âme éternelle». Ce monsieur n’a pu supporter la vue de ces

    deux artistes courtement vêtues et surtout les

    déhanchements de Shakira qui rappelaient la danse du

    ventre pratiquée au Liban, patrie d’origine du père arabe de

    l’artiste colombienne. Pauvre monsieur! Pourquoi son ange

    gardien ne lui a-t-il pas soufflé à l’oreille de fermer son

    poste pour dix minutes?

     

    Quant à Franklin Graham, qui se vante d’être un proche

    conseiller spirituel et adorateur de Donald Trump, il a été

    scandalisé par «le manque de décence et de moralité» des

    deux artistes féminines. Une indignation à géométrie

    variable s’il en est une! Ce donneur de leçons morales,

    obsédé par le corps féminin, ne semble aucunement troublé

    par le comportement et les agissements de son maître

    politique qui sévit à la Maison-Blanche.

     

    Graham n’a jamais reproché à son fidèle ami ses propos sur

    les femmes dont il disait pouvoir leur prendre le sexe («grab

    their pussy») à volonté et impunément; il lui est indifférent

    que le Donald ait voulu acheter le silence d’une actrice

    porno avec qui il avait eu des relations extra-conjugales;

    qu’il ait mis en cage des dizaines d’enfants d’immigrants

    clandestins; qu’il se soit moqué d’un handicapé lors d’une

    grande assemblée publique; qu’il insulte régulièrement et

    de façon vulgaire les femmes élues du Congrès américain. Il

    n’oserait jamais condamner son bienfaiteur qui ne cesse de

    lui fournir des juges réactionnaires, dont l’incompétence

    notoire et la vassalité feront voler en éclats le principe de la

    séparation de l’État et de la religion.

     

    Non, vraiment, l’hypocrisie de ces faux dévots n’a d’égale

    que leur complicité active dans l’oeuvre de corruption et de

    démolition des institutions démocratiques entreprise par

    un dangereux narcissique.

     

    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Tôt ou tard, avec le temps…

     

    COURRIER DE PORTNEUF

    MERCREDI 8 JANVIER 2020

     

    BILLET DE ROBERT JASMIN

    robertjasmin.videotron.ca

     

    Sur un rêve de

    John Lennon

     

    L’année 2019 s’est mal terminée sur le front de la lutte

    contre les changements climatiques, notamment par l’échec

    de la rencontre de Madrid organisée sous l’égide des

    Nations Unies. Cet échec a surtout été causé par le refus de

    coopérer de trois pays importants: les États-Unis de Trump,

    le Brésil de Bolsonaro et l’Arabie saoudite de Ben Salmane.

    Dans chacun de ces trois États, la religion a été la cause

    première de la présence au pouvoir de ces chefs du refus.

     

    En Arabie saoudite, l’islam étant la religion d’État, on s’en

    remet à la volonté d’Allah qui, bien sûr, n’a que faire de ces

    détours onusiens pour régner sur le climat. Aux États-Unis,

    le négationniste en chef et président ne serait pas au

    pouvoir sans l’appui presque unanime des croyants

    évangélistes, tout comme son complice et admirateur

    Bolsonaro au Brésil. Dans les deux derniers cas, les mêmes

    illuminés ne feront rien pour empêcher la fin de notre

    monde, car selon leurs lubies, cette fin fera hâter le retour

    sur terre de leur idole, Jésus.

     

    Les évangélistes sont non seulement indifférents à la lutte

    aux changements climatiques, ils la combattent: un de leurs

    pasteurs, Kevin Swanson, a qualifié la petite Greta Thunberg

    de possédée du démon, rien de moins. Crédules sans

    limites, on peut même leur vendre n’importe quoi si c’est

    avec Jésus en prime: des petits malins ont mis en vente des

    Souliers Jésus (je ne blague pas! Allez voir vous-même en

    tapant «Jesus Shoe» sur Google). Ce sont des NIKE Air Max

    97 avec des poches d’air dans les semelles qu’ils ont

    remplies d’eau du Jourdain (!), la rivière sur laquelle, selon

    la légende, Jésus aurait marché. Lors du lancement, le prix

    tournait autour de 3000$ la paire!

     

    Pendant que ces zigotos religieux s’adonnent à leurs

    élucubrations, les présidents qu’ils ont mis en place, tant

    aux États-Unis qu’au Brésil, mènent la planète vers l’enfer

    (véritable celui-là!).

     

    Toute relation entre un individu et son Dieu est inoffensive

    jusqu’à ce que des hommes décident d’en faire une religion

    et de l’organiser de manière très terrestre. Lorsque ces

    religions accèdent au pouvoir politique, elles font tout pour

    le garder avec les conséquences affreuses que l’Histoire

    nous enseigne.

     

    Les faits donnent raison à John Lennon qui, dans sa très

    belle chanson «Imagine», rêve à un monde où l’on ne meurt

    ni ne tue pour des idées déraisonnables, un monde sans

    religion.

     

    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Tôt ou tard, avec le temps…

     

    COURRIER DE PORTNEUF

    MERCREDI 16 OCTOBRE 2019

     

    BILLET DE ROBERT JASMIN

    robertjasmin@vediotron.ca

     

    ENCORE LE FANATISME RELIGIEUX!

     

    Le poète espagnol Antonio Machado me pardonnera de paraphraser le titre de son poème célèbre en écrivant ceci: le crime a eu lieu à Paris. Le crime, c'est l'assassinat de trois policiers et un agent administratif dans la préfecture de Paris, à deux pas de Notre-Dame. L'assassin: Michael Harpon, un collègue de travail des victimes qui s'était converti à l'islam il y a une dizaine d'années. Sa conversion l'avait fait régresser au point qu'il refusait de donner la main à une femme (la poignée demain entre collègues de travail est un rituel français quotidien en entrant au boulot).

     

    Ses collègues rapportent qu'il s'était réjoui de l'attentat contre Charlie Hebdo. Les enquêteurs ont, en outre, trouvé dans ses affaires, une clé USB qui contenait des vidéos de décapitations effectuées par des membres de l'État islamique. Dans son compte Facebook, on pouvait lire: "Maintenant, la chose la plus importante est de mourir en tant que musulman". Si au moins il s'était contenté d'appliquer ce grand projet à lui-même sans impliquer ses collègues, personne n,aurait pleuré la mort d'un tel fou de Dieu. Ses actes en disent long sur la conception de la vie telle qu'il la considérait dans sa religion.

     

    Harpon fréquentait les milieux salafistes, une branche radicale de l'islam dont faisait partie le tristement célèbre Ben Laden. L'historien André Ropert dit de cette organisation qu'elle ressemble à celle des mafias. Il écrit: "Le salafisme djihadiste travaille à la déstabilisation mentale et à l'embrigadement des mineurs." Sous surveillance des policiers guetteurs de radicaliseurs, les imams qui se sentaient épiés ont choisi de répandre leur venin par voie d'internet. Petit détail: l'agent administratif assassiné avait facilement accès aux listes de policiers infiltrés dans les mosquées.

     

    Quand une branche d'une religion a un comportement criminel, il faut cesser de la considérer comme une religion et la traiter comme une organisation criminelle. Les discours haineux distillés dans certaines mosquées doivent être traités comme tout discours haineux tenu dans un lieu public quelconque. Il faut enquêter sur les sources de financement de ces lieux de culte et revoir la législation qui permet un tel financement. On sait que l'Arabie saoudite et le Qatar, honteusement riches de leurs pétrodollars financent la construction de mosquées partout en Occident. En France, le nombre de lieux de culte salafistes a doublé en dix ans. Enquêter sur ces milieux n'est aucunement faire preuve d'islamophobie. c'est tout simplement effectuer un travail normal de prévention de la criminalité.

     

    Robert Jasmin est juriste, écrivain et conférencier

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Tôt ou tard, avec le temps…

     

    COURRIER DE PORTNEUF

    21 AOÛT 2019

    BILLET DE ROBERT JASMIN

    robertjasmin@videotron.ca

     

    La sainte colère d’un républicain

     

    «J’en ai ras le bol des hypocrites!» Cet éclat d’exaspération

    est celui de Michael Steele, l’ex-président du Parti

    républicain, ce parti dont Trump a fait son jouet. Steele a

    prononcé ces paroles à la télévision en faisant référence aux

    évangélistes américains. Les animateurs de l’émission

    «Morning Joe» recevaient Ben Howe, l’auteur d’un livre qui

    vient de paraître: «La majorité immorale». Le sous-titre

    annonce bien le contenu: «Pourquoi les évangélistes

    préfèrent le pouvoir politique aux valeurs chrétiennes?»

     

    Les évangélistes, j’ai eu l’occasion de le dire dans cette

    chronique, sont le fer de lance des troupes trumpiennes.

    Une grande majorité d’entre eux (81%) ont voté pour le

    perturbateur-en-chef des États-Unis en 2016. Comme le

    rappelle l’auteur de «La majorité immorale», pour certains

    évangélistes Trump est un cadeau de Dieu. On pourrait

    ajouter que dans leur esprit, Dieu est un républicain et les

    démocrates sont l’incarnation du mal absolu. Peu importe

    aux évangélistes que le président actuel soit le plus

    corrompu de l’histoire des États-Unis.

     

    Ils se fichent complètement de son racisme, de son sexisme,

    de son ignorance, de ses mensonges quotidiens, de ses

    scandales sexuels, de ses arnaques et de ses politiques

    immorales et antisociales. Il se fichent aussi d’être utilisés

    par cet égoïste sans foi qui ne sert que lui-même et ses

    propres intérêts. En échange de leur fidélité, leur président

    doit mettre en oeuvre les politiques les plus rétrogrades,

    inimaginables chez nous.

     

    Dans la croyance des évangélistes, Jésus doit revenir sur

    terre un jour ou l’autre. À sa place, j’y songerais deux fois

    avant de revenir. Si j’ai bien lu les Évangiles, avec les valeurs

    de justice, de tolérance, d’ouverture et de compassion

    qu’on prête à Jésus, il est certain qu’il serait crucifié de

    nouveau par ceux-là mêmes qui ne jurent que par lui. Car

    Jésus serait sûrement favorable à la couverture des soins

    médicaux pour tous, à l’abolition du droit absolu de

    posséder des armes à feu, au respect des individus, quelle

    que soit leur orientation sexuelle, à une approche humaniste

    dans le traitement des immigrants et notamment contre le

    fait de mettre des enfants dans des cages, séparés de leurs

    parents.

     

    Celui qui a chassé violemment les vendeurs du temple

    aurait certes condamné les politiques fiscales de ce

    président qui nie favoriser les ultra-riches de son pays. Oui,

    comme l’a écrit Nikos Kazantzakis, l’auteur de Zorba le Grec,

    le Christ serait recrucifié par les hypocrites.

    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Tôt ou tard, avec le temps…

     

    COURRIER DE PORTNEUF
    MERCREDI LE 29 MAI 2019

    BILLET DE ROBERT JASMIN
    robertjasmin@videotron.ca

    D'UN PASTEUR À L'AUTRE

    La semaine dernière, je vous parlais d'un pasteur évangéliste dont l'histoire finissait bien: il retrouvait le chemin de la raison et quittait son église. J'aurais voulu changer de sujet mais l'actualité de la semaine insistait. Il s'agit encore une fois d'un pasteur évangéliste. Le zigoto en question un certain James Mc Donald, patron d'une autre méga-église en Illinois, fait l'objet d'une enquête criminelle importante pour avoir tenté de recourir aux services d'un tueur à gages pour assassiner son gendre.

    Deux témoins indépendants, dont son garde du corps, ont été approchés par le pasteur dans ce but précis. Ce dernier avait même offert son aide pour faire disparaître le corps de la victime. Le crime devait avoir lieu alors que le gendre se rendait au Creationnist Museum (ça ne s'invente pas!). Dénoncé et arrêté, le pasteur risque de passer les trente prochaines années à réfléchir en prison sur la profondeur de sa foi. Oh! Incidemment, James Mc Donald est le conseiller spirituel de nul autre que le président Donald Trump.

    Toujors dans la rubrique "Hypocrisie tous azimuts", voici, tant qu'à y être, un autre beau cas survenu ces jours derniers, celui de Doug Mc Leod, un représentant (député) républicain du Mississipi. Mc Leod vient d'être arrêté pour voies de fait graves sur son épouse à qui il a asséné un coup de poings en plein visage parce que madame ne se dévêtait pas assez vite pour monsieur qui avait un besoin pressant de sexe conjugal après avoir bu un bon coup. Dans sa publicité électorale, il se citait lui-même: "Ma foi presbytérienne et la foi catholique de mon épouse unissent nos valeurs familiales chrétiennes." Tout commentaire serait ici superflu.

    La morale de ces histoires: ce n'est pas parce qu'on est religieux qu'on est bon et on n'est pas meilleur sans religion. La religion ou l'absence de celle-ci n'a rien à voir avec le fait qu'une personne est humainement bonne ou pas. Parmi les pays occidentaux développés, les États-Unis sont le pays où le pourcentage de gens qui accordent une très grande importance à la religion est le plus élevé (53% alors qu'au Canada c'est 27%, et en France, 14%). C'est aussi aux États-Unis qu'on compte le plus grand nombre de tueries dans les écoles et de meurtres par armes à feu. En passant, les plus farouches défenseurs du droit aux armes à feu se retrouvent chez les évangélistes.

    ******

    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • COURRIER DE PORTNEUF
    MERCREDI LE 22 MAI 2019

     

    Tôt ou tard, avec le temps…

    BILLET DE ROBERT JASMIN
    robertjasmin@videotron.cas

    UN PASTEUR PENSANT ET REPENTANT

    Il y a plus de 1600 méga-églises ("mega-church") aux États-Unis sur lesquelles règnent des pasteurs évangélistes autoproclamés de génération spontanée.

    Ces méga-églises, qui peuvent rassembler jusqu'à 10 000 personnes, ressemblent plus à des centres Vidéotron qu'à des temples propices à la prière ou à la réflexion. Le décor, très bling-bling, à l'esthétique plutôt trumpienne ainsi que la mise en scène des spectacles religieux semblent conçus pour impressionner les fidèles qui les fréquentent. Dave Grass dirigeait une de ces méga-églises, la Grace Family Fellowship, au Missouri.

    Grass sévissait sur son église depuis plus de vingt ans. Comme tous ses semblables, il a réussi à convaincre ses ouailles que Dieu avait un constant besoin de leurs sous. C'est ainsi que des individus très quelconques profitent de la crédulité et de la foi naïve des croyants pour se construire de petits empires, simplement en se disant porte-paroles d'un Dieu qui évalue la foi des personnes à la dimension des salles qu'on lui érige. Grass disait avoir lu la Bible 24 fois et prétendait en savoir plusieurs chapitres par coeur. Mais le ver était dans la pomme: depuis qu'il était tout petit, Grass avait développé une passion pour les mythologies des civilisations anciennes. Cette passion allait causer sa perte.

    Après plus de vingt ans à propager une parole qu'il disait la seule vraie, il s'est remis à l'étude des mythologies anciennes. Il réalise alors, en faisant des comparaisons et en approfondissant certaines notions, que toute sa vie de pasteur n'avait été au service que d'une autre mythologie, plus récente, car elle ne date que de deux mille ans. C'est alors que le doute s'installa, que tout ce qu'il avait considéré comme absolu n'était que relatif: "Plus je m'informais, écrit-il dans une longue série de tweets, plus je creusais les questions, et plus j'étais envahi par le doute." Grass expérimentait, en somme, le chemin de la connaissance.

    C'est alors qu'il annonça récemment à tous ses fidèles qu'il était devenu incroyant. Il va plus loin: "Je me suis rendu compte que je faisais fonctionner un système fondé sur la peur, la honte et la culpabilité dans un but de contrôle des populations et de la culture." Toute une confession pour un pasteur qui avoue avoir été "un esclave esclavagiste"!

    L'histoire de cet homme frappé par la grâce en est une de conversion, mais pas du genre dont on parle d'habitude.

    *****
    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • LE COURRIER DE PORTNEUF
    MERCREDI LE 24 AVRIL 2019

    Tôt ou tard, avec le temps…

    BILLET DE ROBERT JASMIN
    robertjasmin@videotron.ca

    UN PILIER DE LA TERRE

    Je ne pourrais écrire sur quoi que ce soit d'autre. J'ai encore dans l'esprit les mots d'un lecteur au téléphone: "Allez tout de suite voir à la télé, Notre-Dame est en feu!" Comment pouvais-je continuer à écrire le texte de mon prochain billet alors que l'humanité subissait une telle perte. Mais alors, comment trouver les mots pour dire une telle catastrophe qui nous affecte tant individuellement que collectivement au niveau mondial? Toute personne qui a eu la chance d'aller à Paris a pu manquer la visite du Louvre, de Montmartre, de Saint-Germain-des-Prés ou du Luxembourg, mais tous les visiteurs ont vu Notre-Dame.

    Je m'y suis arrêté maintes fois et chacune était comme la première, nouvelle. Au début, longtemps avant le flot incessant des 30 000 visiteurs quotidiens, on pouvait y déambuler dans une atmosphère qui portait au recueillement, à la réflexion et à l'émerveillement. Je me souviendrai toujours de ce concert où l'on avait présenté le Requiem de Fauré: l'acoustique n'était pas celui des grandes salles, mais jamais celles-ci ne pourraient nous donner l'ampleur et la beauté des lieux que nous offrait Notre-Dame. C'est ce jour que j'ai compris que l'art transcendait les croyances religieuses.

    Car Notre-Dame est un lieu d'art par excellence. La preuve en est que toute personne, croyante ou incroyante, peut y éprouver une sensation de grandeur qui dépasse celle des simples mortels que nous sommes. L'art, dans un lieu comme celui de Notre-Dame, qu'il soit architectural, pictural ou sculptural, rejoint l'humain d'une manière universelle, au-delà des limites des religions. Devant la perte d'une partie de cette réalisation surhumaine et l'universalité du deuil qui s'ensuit, on peut mieux comprendre que l'art, bien qu'inutile (qui ne sert pas) est absolument nécessaire.

    L'écrivain Ken Follett a dit des cathédrales qu'elles étaient les piliers de la terre. Ces derniers mots sont le titre de son ouvrage maintenant célèbre. Lire ou relire Les piliers de la terre serait une bonne façon de comprendre le temps des bâtisseurs de cathédrales et de prendre la mesure des travaux qui les ont produits. Et, en attendant que Notre-Dame de Paris nous soit rendue de nouveau, sûrement pas dans la prochaine décennie, on peut se consoler en sortant de la Ville lumière par train et en se rendant à Chartres (59 minutes) pour y trouver, là aussi, une cathédrale propre à nous rappeler que l'humanité est capable de grandeur et de majesté.

    *****
    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier

     

    Résultats de recherche d'images pour « notre dame de paris en feu »

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • COURRIER DE PORTNEUF
    MERCREDI 17 AVRIL 2019

     

    Tôt ou tard, avec le temps…

    BILLET DE ROBERT JASMIN
    robertjasmin@videotron.ca

    LE TROU NOIR ET LA FÊTE DE LA LUMIÈRE

    La lumière du soleil met huit minutes et demie à nous parvenir.Elle aura alors parcouru 150 millions de kilomètres. Mais elle ne s'arrête pas ici; elle voyage au-delà de note planète et, en avril 2020, elle aura parcouru une année-lumière. Je vous laisse calculer le nombre de kilomètres qu'elle aura alors parcourus. Or, la lumière émanant du trou noir dont la photo a été rendu publique la semaine dernière a mis 50 millions d'années à parvenir jusqu'à nous. Cela nous donne une petite idée de la dimension de l'univers même si cette idée, limitée par notre capacité d'imaginer, est sûrement très loin de la réalité.

    La photo du trou noir nous a été dévoilée le même jour où l'on apprenait la découverte d'une nouvelle espèce humaine aux Philippines, des fossiles datant de 50 000 ans. La science ajoute donc des données à notre connaissance de notre réalité et nous permet une plus grande compréhension du temps, de l'espace et de nos origines. Ainsi, nous pouvons dire que nous sommes à la fois loin et très proche de l'époque où des païens célébraient la fête de la lumière et du retour à la vie au printemps, fête récupérée par la suite, d'abord par la religion juive puis par la religion chrétienne, et que les deux ont appelé Pâques.

    À l'époque, faute de connaissances scientifiques, les hommes ont tenté d'apporter des réponses aux questions qui les hantaient en inventant des histoires qui les rassuraient. Ces histoires ont traversé les siècles et se sont rendues presqu'indemnes jusqu'au 20ème siècle. Enfant, je me faisais une idée du ciel qui était à la fois physique, soit le firmament étoilé visible à l'oeil nu, et, plus mystérieux, le lieu où, quelque part, Dieu avait établi son quartier général. C'était l'époque où j'accompagnais mon grand-père au lever su jour le matin de Pâques pour aller à la rivière chercher un peu "d'eau de Pâques", qui, disait-on, avait des effets bénéfiques.

    Les temps ont changé, mais l'ajustement de nos télescopes intérieurs, ceux qui ouvrent l'esprit, est encore à faire. Nous nageons entre deux eaux spirituelles, celle d'hier et celle de demain, qui reste à définir. Mais tout cela ne nous empêchera pas de célébrer la fête de la lumière et du printemps, même si cette fête prend aujourd'hui la couleur de la fête païenne d'antan. À des années-lumières de l'époque de mon enfance.

    ------

    Robert Jasmin est juriste, sociologue, écrivain et conférencier

    Partager via Gmail

    votre commentaire